II. Besoins spécifiques du chien de sport
L'alimentation d'un chien de sport diffère de celle d'un chien de compagnie. En plus de garantir la santé et la longévité, il faut maximiser les performances et minimiser l'impact de l'activité intense sur leur corps. Cela implique de comprendre les besoins nutritionnels spécifiques et d'adapter leur régime en conséquence.
1. Types d'activités et besoins énergétiques
Les sports canins peuvent être classés en trois catégories. Chaque type d'activité demande un métabolisme différent et une consommation énergétique variable.
1. Haute intensité et courte durée (courses de lévriers) : augmentation de 4-5% des besoins énergétiques.
2. Intensité modérée et répétée (chasse) : augmentation de 50 à 200%.
3. Intensité modérée et longue durée (courses de chiens de traîneau) : jusqu'à 11 fois les besoins énergétiques de base.
Il est important d'adapter les apports alimentaires en fonction de l'activité et d'éviter les risques liés à la digestion (torsion de l'estomac).
2. Métabolisme énergétique
- Courte durée et intense : utilise principalement la glycolyse, créant de l'énergie rapidement à partir du glucose.
- Endurance : utilise principalement les acides gras pour produire de l'énergie de manière prolongée.
3. Impact de l'activité sur le métabolisme
- Début de l'exercice : utilisation de la glycolyse anaérobie.
- Exercice prolongé : passage à l'oxydation aérobie des glucides, puis des acides gras pour les efforts de longue durée.
- VO2max : mesure de la capacité d'un chien à utiliser l'oxygène, augmentant avec l'entraînement.

4. Accompagnement du chien de sport
i. Rationnement fractionné
Nourrir son chien sportif sur le mode de la multi ration quotidienne.
Chez les chiens vivants dans la nature, la physiologie digestive offre un estomac volumineux et extensible permettant l’ingestion de grandes quantités d’aliments…
Mais nos chiens, qu’ils soient sportifs ou non, ne vivent pas dans la nature depuis bien longtemps et il y a fort à parier qu’à poids égal, les performances physiques des loups soient bien inférieures à celles de chiens sportifs entraînés. Cette physiologie digestive offre à contrario un intestin grêle relativement court mais rapide et efficace en matière de digestion, permettant de libérer et d’assimiler la plupart des nutriments en moins de 2 heures. Ces deux spécificités pour nos chiens (et c’est aussi valable pour nos chats), ne sont pas à l’avantage des sportifs et il vaudra mieux prioriser la rapidité de la digestion plutôt que la forte capacité de l’estomac à stocker de la nourriture. De plus, l'encombrement gastrique n’est pas un facteur favorable au bien être nécessaire pour établir des records. Le comportement alimentaire auquel doit être habitué un grand sportif c’est donc le multi rations, 4-5 fois par jour et plus encore si le sport en question exige une grande quantité d’énergie métabolisable. Ceci est d’autant plus vrai chez les chiens pratiquant des courses d’endurance : il vaut mieux les habituer à avoir un estomac relativement « rétréci » et fonctionnant quasi en permanence que de les laisser courir plusieurs heures d’affilées au risque de les voir puiser dans leurs organes et leurs tissus biologiques les éléments énergétiques et de récupération physique dont ils ont besoin pendant la course.
ii. Nutriments de confort
Les chiens sportifs ont besoin de nutriments de confort dans l’équilibre des apports nutritionnels de leur alimentationBien entendu, les équilibres alimentaires essentiels (régi dans le cadre du RPC) doivent être particulièrement respectés et en rapport avec l’équilibre énergétique requis spécifiquement pour l’activité du chien sportif en question.
Cependant chacune des activités peut requérir une assistance nutritionnelle particulière, soit pour son exercice, soit pour mieux protéger certaines fonctions organiques particulièrement sollicitées. Cette assistance peut se faire notamment par l’ajout de nutriments de confort hautement disponibles, non essentiels sur le plan métabolique mais fortement actifs lorsqu’il s’agit d’aider au fonctionnement d’organes et de fonctions physiologiques très développées ou momentanément altérées. Il n’existe pas un équilibre alimentaire unique qui permettrait d’accompagner toutes les activités sportives.
Au contraire, il existe des nutritions spécifiques à chaque sport, à la phase d’activité ou d’entrainement et même à l’état physiologique de chaque animal.
Pour autant, il existe quand même quelques repères de nutrition générale qu’il est bon de connaître :
- le RPC ciblé pour l’activité en question se gère principalement par le rapport Protéines / matières grasses qui peut varier selon les cas entre 1,2 et 2 (il est important de vous référer aux conseils d’un spécialiste)
- la teneur en fibres (confort intestinal) doit être particulièrement équilibrée et si possible ne pas dépasser 8% pour laisser la place aux éléments nutritionnels (attention, la cellulose indiquée sur les étiquettes, n’est qu’une partie des fibres glucidiques). Dans une alimentation premium comme LAPSA, cette teneur en fibre évolue entre 8 et 12%.
- La teneur en amidon bien cuit doit être entre 12 et 18%. Il s’agit de couvrir les besoins énergétiques du système nerveux central sans venir utiliser les protéines sériques ou hépatiques, tout en laissant suffisamment de place dans les 100% de la recette pour l’enrichissement en nutriments de confort.
- Sur le plan des apports en nutriments de confort, nous aurons à porter notre attention sur certaines fonctions cibles, selon le sport et l’état physiologique du sportif
- Locomotrice, (chondroprotecteurs (chondroïtine et glucosamine), récupération musculaires (chitosan), tonicité musculaire (carnitine), antioxydant cellulaires (polyphénol), anti-inflammatoires (oméga 3)
- Cardiaque (taurine, carnitine, potassium, glycine…)
- Hépatique (chitosan, méthionine, arginine, vit B12, biotine, acide folique)
- Poils et peau (vitamines A et B, polyphénol, oméga 6 et 3, méthionine, cystine)
- Système nerveux et cognitif. Polyphénols particuliers, oméga 3 marin

iii. Composition adaptée
a. Glucides
Les glucides sont cruciaux pour les activités de haute intensité. Après une course, un apport en glucides peut aider à reconstituer les réserves de glycogène.
b. Matières grasses
Les graisses sont essentielles pour les activités d'endurance, représentant jusqu'à 70% de l'énergie métabolisable. Elles doivent être introduites progressivement dans l'alimentation.
c. Protéines
Les besoins en protéines augmentent de 10 à 20%. Un apport insuffisant peut mener à des blessures et à une diminution des performances. Cependant, un excès peut provoquer des problèmes de santé.
d. Vitamines
Ces vitamines diminuent avec l'activité physique. Une supplémentation modérée est recommandée, surtout en cas d'ajout d'acides gras polyinsaturés pour éviter l'oxydation.
L'alimentation des chiens de sport doit être adaptée à leur niveau d'activité pour optimiser leurs performances et préserver leur santé. Il est crucial de surveiller et d'ajuster régulièrement leur régime alimentaire pour répondre à leurs besoins spécifiques (Nutrition Vétérinaire du Chien et du Chat Troisième édition, version de travail, Dr. Sébastien LEFEBVRE, chapitre 7 les chiens de sport).
Quoiqu’il en soit, un chien sportif tel que nous l’entendons ici nécessite un « encadrement médical » spécialisé tout comme les champions humains : si vous envisagez d’en avoir un, nous vous conseillons de choisir un vétérinaire connaisseur de sa race et du sport qu’il pratique.